Les athlètes outdoor deviennent-ils les alliés de la biodiversité ? La vérité sur leur rôle

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Ils courent vite. Ils grimpent loin. Et pourtant, les athlètes outdoor regardent désormais bien au-delà de leur chrono. Une question prend de l’ampleur. Peuvent-ils vraiment devenir des alliés de la biodiversité ? La réponse est moins simple qu’on l’imagine. Mais elle est aussi plus encourageante.

Quand la nature change sous leurs yeux

Pour beaucoup de sportifs, la montagne, la forêt ou les sentiers sont des terrains de jeu. Mais ce sont aussi des lieux vivants, fragiles, qui se transforment vite. Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail, le constate elle-même. D’une année sur l’autre, certains endroits ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient.

Des arbres disparaissent. Des routes s’ouvrent. Des zones se modifient en silence. Et là, le choc est réel. Ce regard-là change tout. Quand on passe souvent au même endroit, on ne peut plus faire comme si la nature était immuable.

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Le sport outdoor a un impact, parfois lourd

On aime voir le trail, la randonnée ou le vélo comme des pratiques propres et libres. C’est vrai en partie. Mais quand des milliers de personnes empruntent les mêmes chemins, l’effet n’est pas neutre. Le sol s’érode. Certains passages s’abîment. Des zones sensibles sont dérangées.

Le problème n’est pas le sport en lui-même. Le vrai sujet, c’est la manière de le pratiquer. Aller vite et loin ne suffit pas. Il faut aussi apprendre à respecter les cycles naturels, surtout au printemps, quand la faune et la flore se reconstruisent.

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Des courses qui essaient de faire autrement

Le Salomon EcoTrail Paris montre qu’un autre modèle est possible. Depuis 2008, cette épreuve cherche à laisser le moins de traces possible. Cela peut sembler ambitieux. C’est même un peu fou au départ. Mais le projet a pris de l’ampleur parce qu’il repose sur des choix concrets.

Les organisateurs travaillent avec l’Office National des Forêts. Ils utilisent une cartographie précise des forêts domaniales d’Île-de-France. Résultat, ils savent quels chemins sont autorisés et lesquels doivent être évités. Le parcours est ensuite ajusté pour protéger les espaces sensibles. Parfois, on renonce à un passage magnifique. C’est frustrant. Mais c’est aussi un geste fort.

Pourquoi protéger les pollinisateurs change tout

Lors d’une récente édition, la course a mis les pollinisateurs au centre. Ce n’est pas un hasard. Quand on parle de biodiversité, on pense souvent aux grands animaux. Pourtant, les abeilles, les papillons et les autres insectes jouent un rôle énorme.

75 % de notre alimentation dépend en partie des pollinisateurs. Et pourtant, en Europe, 10 % des abeilles sauvages et 15 % des papillons sont menacés. C’est énorme. La disparition des habitats semi-naturels et des sites de nidification est l’une des causes principales. En clair, ces espèces perdent leur maison. Et sans elles, tout l’équilibre se fragilise.

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Des refuges peuvent renaître en ville comme en forêt

L’association Les Cols Verts agit pour recréer des espaces accueillants. L’idée est simple. Si la biodiversité recule, il faut lui redonner une place. Cela passe par des abris pour les insectes, mais aussi par des zones fleuries, des potagers et des espaces vivants.

Ariane Gaumont, cheffe de projet, parle de “gîte et couvert”. L’expression est bien trouvée. Il ne suffit pas de construire un abri. Il faut aussi que les insectes trouvent de quoi vivre. Voilà pourquoi les refuges sont souvent installés en ville. Là où tout semble bétonné, la nature peut encore revenir, à condition qu’on l’aide un peu.

Les athlètes peuvent-ils vraiment devenir des alliés ?

Oui, mais pas seulement en parlant de nature dans les médias. Leur rôle est plus large. Ils peuvent montrer l’exemple. Ils peuvent observer. Ils peuvent alerter. Et surtout, ils peuvent faire évoluer les habitudes du milieu sportif.

Blandine L’Hirondel, Marjolaine Pierré et Maëlle Beauvir ont d’ailleurs parcouru leurs terrains d’entraînement avec des experts de la biodiversité. Ce genre d’expérience change le regard. On ne traverse plus un sentier de la même manière quand on comprend ce qu’il abrite. Un caillou, une haie, un talus, un coin d’herbes hautes. Tout prend du sens.

Un défi sportif peut aussi financer des actions utiles

Les 20 et 22 mai, MAIF lancera un défi sur Strava pour les Journées mondiales des abeilles et de la biodiversité. L’idée est simple et maligne. Chaque kilomètre parcouru aidera à financer un projet porté par Les Cols Verts. Ici, l’effort sportif devient un levier concret.

Ce type d’initiative parle à beaucoup de monde. Vous bougez. Vous participez. Vous soutenez une cause sans changer complètement vos habitudes. C’est souvent comme ça que naissent les prises de conscience durables. Par une action simple, presque banale au départ.

Le vrai enjeu n’est pas de faire moins, mais de faire mieux

La phrase de Blandine L’Hirondel résume bien le moment actuel. Continuer le trail, oui. Mais pas à n’importe quelles conditions. Cette idée vaut pour tout le sport outdoor. Le sujet n’est pas de renoncer à courir, marcher ou pédaler en nature. Le sujet est de le faire avec plus d’attention.

Lever les yeux. Regarder autour de soi. Accepter qu’un sentier ne soit pas toujours ouvert. Comprendre qu’un détour peut protéger des espèces fragiles. C’est une autre façon de vivre le sport. Plus lente dans la tête. Mais bien plus juste pour demain.

Ce que vous pouvez retenir si vous pratiquez dehors

Si vous courez, randonnez ou roulez en plein air, vous avez déjà un lien avec ces sujets. Et ce lien compte. Vous pouvez respecter les chemins autorisés. Éviter les zones sensibles. Rester attentif aux périodes de nidification. Et soutenir les courses ou les associations qui agissent vraiment.

Au fond, la question n’est plus de savoir si les athlètes outdoor ont un rôle. Ils en ont un, c’est certain. La vraie question est celle-ci. Vont-ils s’en servir pour protéger la nature, ou seulement pour la traverser ? Aujourd’hui, la bonne réponse devient urgente. Et elle peut encore tout changer.

Pauline Roussel
Pauline Roussel

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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