Il suffit parfois de quelques secondes pour transformer une journée ordinaire en souvenir impossible à oublier. Aux Jeux de Milan-Cortina, un chien-loup nommé Nazgul a surgi sur une piste enneigée et a semé la surprise, la joie et, pour ses propriétaires, une belle frayeur.
Une scène folle sur la piste de Tesero
Mercredi, lors des qualifications du sprint libre par équipes en ski de fond, l’animal a fait irruption sur la piste à Tesero. Le plus étonnant, c’est qu’il n’avait pas l’air perdu du tout. Il a même semblé jouer avec la caméra avant de courir aux côtés des fondeurs jusqu’à l’arrivée.
Pour le public, c’était presque une scène de film. Pour Alice et Ernesto Varesco, ses propriétaires, l’instant a vite pris une autre tournure. Eux n’étaient pas devant les caméras. Ils étaient à des kilomètres de là, avec leurs enfants, sans imaginer que leur chien était en train de devenir la petite star du jour.
« Ce n’est pas lui » : le premier réflexe de la famille
Ce jour-là, la famille quitte sa maison de Tesero pour prendre le train vers Antholz-Anterselva. Leur but est simple : assister au relais féminin de biathlon. Rien ne laisse penser que leur journée va basculer. Trois heures plus tard, Alice Varesco commence à recevoir des messages et des vidéos d’un chien aperçu sur une épreuve olympique.
Sa première réaction est presque naturelle. Elle pense que ce n’est pas possible. Nazgul est censé être à la maison, avec la porte fermée et dans son chenil. Elle l’explique clairement à Reuters : il n’a jamais ouvert une porte tout seul. Alors forcément, l’idée qu’il soit là-bas semble absurde.
Mais les images se multiplient. Les doutes aussi. Et là, le malaise monte d’un cran.
Quand le doute devient une vraie panique
Alice Varesco raconte que le stress a pris le dessus très vite. « On a commencé à paniquer », dit-elle. Cette phrase résume bien l’angoisse du moment. Car quand un animal disparaît, même quelques heures, l’esprit va tout de suite vers le pire.
Le doute s’efface seulement quand le chien apparaît sur une photo officielle. Là, plus possible de se tromper. C’est bien Nazgul. Le soulagement arrive, mais il ne chasse pas tout de suite l’inquiétude. Le couple pense sans arrêt à ce qu’il a pu vivre, à ce qu’il a pu traverser, et surtout à savoir s’il est indemne.
Cette réaction est très humaine. Quand on aime un animal, chaque minute compte. Et dans ce genre de situation, le cœur va plus vite que la raison.
Pourquoi Nazgul a-t-il filé sur la piste ?
Pour Alice Varesco, son chien ne cherchait probablement pas à faire le malin. Il était sans doute triste d’être resté seul. Elle pense qu’il a réussi à actionner le levier avant de s’enfuir. Une hypothèse simple, presque touchante, quand on connaît ses habitudes.
Nazgul a l’habitude d’aller dans cette direction avec la famille. Quand les Varesco partent en balade ou vont voir des compétitions, il associe peut-être ce chemin à leur présence. Alors, en les voyant partir sans lui, il aurait décidé de les suivre. Une fugue de quelques minutes. Mais avec un décor olympique, le résultat devient énorme.
Ce qui frappe, c’est cette petite part d’instinct qui change tout. Un chien, une piste, des caméras, des athlètes concentrés. Et soudain, l’imprévu prend toute la place.
Une fin heureuse, mais une journée impossible à oublier
Heureusement, les organisateurs ont réussi à garder le chien avant que ses propriétaires viennent le récupérer. Aucun blessé. Aucun accident. Et c’est sans doute l’essentiel.
Quand Alice et Ernesto retrouvent Nazgul, le soulagement remplace enfin la peur. La famille sait pourtant qu’elle ne vivra pas une journée comme celle-là deux fois. Même les messages reçus pendant qu’ils étaient à Anterselva deviennent vite trop nombreux. « C’était devenu impossible », confie Alice Varesco.
Après cette mésaventure, la sécurité autour du chenil a été renforcée pour les dernières épreuves du week-end. Une précaution logique après un tel épisode. Car aux Jeux, on pense souvent aux chronos, aux médailles et aux exploits. Mais parfois, un simple chien rappelle que l’imprévu peut voler la vedette à tout le reste.
Un petit événement, un grand souvenir
Cette histoire plaît autant parce qu’elle est drôle que parce qu’elle est vraie. Elle montre un moment de vie au milieu d’un immense événement sportif. On parle souvent des champions. Ici, pendant quelques secondes, c’est un chien-loup qui a tout capté.
Et c’est peut-être pour cela que cette scène marque autant. Elle mélange le stress, la tendresse et l’étonnement. Elle rappelle aussi une chose simple : même aux Jeux olympiques, la réalité peut dérailler d’un coup. Parfois, ce sont les incidents les plus inattendus qui restent dans les mémoires.
Pour Alice et Ernesto Varesco, la journée restera sans doute gravée longtemps. Pas pour la compétition. Pas pour les résultats. Mais pour ce moment où leur chien s’est lancé dans une aventure bien plus grande que lui.






