À Fontainebleau, une histoire touche en plein cœur. Christian Perlwitz, musher passionné, craint aujourd’hui de devoir se séparer de ses chiens. Derrière cette phrase bouleversante, il y a une réalité très simple. Quand l’activité s’arrête, quarante chiens continuent de manger, de courir et d’avoir besoin de soins chaque jour.
Une activité stoppée net dans la forêt de Fontainebleau
Christian Perlwitz vit depuis des années avec sa meute. Avec son attelage, il proposait des balades en chiens de traîneau dans la forêt de Fontainebleau, un cadre que beaucoup de visiteurs associent à un moment rare et dépaysant. Mais depuis la fermeture du massif, son activité a été interrompue.
La forêt des Trois Pignons a d’abord été fermée à cause de la sécheresse, puis les incendies ont encore aggravé la situation. Même si une réouverture partielle a été annoncée le 22 août 2026, le retour à la normale reste fragile. Et pour lui, le mal est déjà fait.
Quarante chiens à nourrir, même sans clients
Le cœur du problème est là. Les chiens ne s’arrêtent jamais de vivre parce que l’activité s’arrête. Ils doivent être nourris, suivis, soignés et entretenus tous les jours. Christian parle d’environ 5 000 euros de dépenses chaque mois.
Cette somme couvre la nourriture, les frais vétérinaires, le carburant et tout ce qu’implique la vie d’une meute. Sans balades pendant des semaines, l’équilibre devient impossible. Il a même dû rembourser ses clients, ce qui a encore alourdi la pression.
Quand un métier de passion devient une course pour survivre
Ce qui frappe dans cette histoire, c’est le contraste. D’un côté, un métier visible, vivant, presque magique pour le public. De l’autre, une lutte quotidienne pour tenir debout financièrement.
Christian a déjà été fragilisé par la baisse d’activité après le Covid et par la hausse du coût de la vie. Les incendies ont ajouté un choc de plus. Pour éviter le pire, il a dû se diversifier très vite.
Des solutions provisoires, mais pas encore suffisantes
Pour continuer à avancer, il a commencé l’entretien de jardins. Il a aussi pris temporairement un troisième métier, celui de vendeur de croquettes. Cela montre à quel point il veut s’en sortir par le travail, pas par la résignation.
Il a également contracté un prêt de 12 000 euros. Ce soutien lui donne un peu d’air, mais il faudra le rembourser au début de l’année prochaine. La marge de manœuvre reste donc très faible.
Une meute qui fait partie de sa vie
Christian ne parle pas de ses chiens comme d’un simple outil de travail. Pour lui, ils sont une famille. Ils vivent dans une ferme à Moigny-sur-École et forment une meute de 40 compagnons très attachés à leur rythme de vie.
Cette relation explique pourquoi l’idée de s’en séparer le bouleverse autant. Ce n’est pas juste une difficulté professionnelle. C’est une blessure personnelle, profonde, presque impossible à imaginer pour quelqu’un qui aime les animaux.
Une solidarité qui peut vraiment changer les choses
Face à cette situation, une amie a lancé une cagnotte en ligne pour l’aider. Elle dit avoir voulu donner un coup de patte pour Christian et pour ses chiens. Son geste rappelle une chose simple. Parfois, une aide modeste peut éviter une chute brutale.
Christian avait d’abord refusé l’idée d’une collecte, car il sait que d’autres personnes sont aussi en difficulté. Mais la solidarité existe justement pour ces moments-là. Quand une personne travaille dur et se retrouve bloquée par des événements extérieurs, un soutien collectif peut faire la différence.
Le retour des visiteurs sera décisif
Le musher espère maintenant que les réservations vont repartir. Il croit beaucoup au retour des visiteurs dans la forêt. Et il a une formule qui résume bien sa philosophie : rien ne nourrit mieux les chiens que de les faire travailler.
Il lance aussi un appel aux personnes qui auraient besoin d’entretenir leur jardin. Ce n’est pas seulement un dépannage. C’est une manière concrète de lui permettre de continuer à s’occuper de ses animaux sans les abandonner.
Une autre inquiétude arrive déjà à l’automne
Même si la fréquentation repart, une autre difficulté se profile. En novembre, à l’ouverture de la chasse, Christian devra peut-être trouver une nouvelle piste. Or sa piste de repli se trouve dans une zone incendiée et toujours interdite d’accès au public.
La question n’est pas encore tranchée. Selon les autorités, les décisions seront prises au cas par cas par les préfectures concernées. En clair, rien n’est simple et rien n’est totalement sécurisé pour la suite.
Pourquoi cette histoire parle à tant de monde
Cette affaire touche parce qu’elle réunit plusieurs choses à la fois. Il y a les chiens, la forêt, le travail, la peur de perdre ce que l’on aime. Et il y a aussi cette idée très concrète que certains métiers dépendent entièrement du climat, des saisons et des décisions administratives.
Au fond, l’histoire de Christian Perlwitz n’est pas seulement celle d’un musher en difficulté. C’est celle d’un homme qui essaie de protéger sa meute avec ses propres moyens, sans renoncer. Et c’est peut-être ce qui mérite le plus d’être entendu aujourd’hui.
Pour participer à la cagnotte ou réserver une balade, les informations communiquées sont disponibles sur les sites indiqués par Christian. Pour lui, chaque geste compte. Et pour ses chiens aussi.










